La présence attentive pour les jeunes

Dernièrement, je remarque que mon enfant semble plus facilement déclenché dans ses émotions. Sa colère monte rapidement et sa tristesse peut être plus difficile à apaiser. Le soir venu, impossible de l’endormir. C’est comme si son cerveau refusait de se calmer. La boucle s’installe donc et les routines du matin sont entravées par son manque de sommeil. Sa fatigue le suit toute la journée si bien que cela commence à affecter ses notes et son envie d’aller à l’école. On m’a proposé d’intégrer une pratique de présence attentive dans son quotidien, mais pourquoi est-ce que cela serait aidant pour mon enfant? 

Tout comme pour les grands humains, les plus petits vivent toutes sortes d’émotions et traversent différentes épreuves quotidiennement⁴⁸. Il peut parfois être difficile de savoir comme parent comment accompagner son enfant ou le soutenir lorsque ce dernier arrive difficilement à revenir au calme. Différentes stratégies sont disponibles et leur efficacité peut varier selon l’enfant et le contexte dans lequel elles sont mises en place⁴⁹. En réponse à la vignette précédemment énoncée, cet article détaille comment la présence attentive peut être pertinente pour les jeunes. Par sa nature, la présence attentive invite l’individu qui la pratique à être en contact avec son expérience interne et externe, dans le moment présent et ce, sans jugement¹

Chez les petits humains, la découverte du monde se fait graduellement et chaque âge vient avec son lot de défis. L’apprentissage de nouvelles habiletés, la découverte du monde interne et l’exploration des relations sont toutes des étapes importantes du développement de l’enfant et celles-ci sont souvent déterminantes de leur vie adulte⁵⁰. Dans leur revue de littérature, Bockmann et Yu⁵¹ soulignent que l’autorégulation, soit la capacité à répondre de manière volontaire et appropriée aux demandes de l’environnement afin d’atteindre un but, est déterminante dans le développement sain des enfants. Leur recherche indique que l’autorégulation est liée au développement de meilleures compétences sociales, à un état de bien-être général, à plus d’empathie ainsi qu’à de meilleurs chances de vivre du succès scolaire. Les recherches montrent que la présence attentive serait un moyen efficace pour accompagner les jeunes dans l’amélioration de l’autorégulation, tout en leur permettant de réduire leurs symptômes dépressifs, augmenter leur bien-être général et même d’améliorer leurs capacités attentionnelles⁵². Une étude australienne a d’ailleurs montré que pour les enfants d’âge primaire, une méditation de cinq minutes par jour serait suffisante pour améliorer leurs habiletés d’autorégulation⁵³

Les dernières années ont été éprouvantes à bien des niveaux pour les enfants et les personnes adolescentes. Les données indiquent que près d’un quart des jeunes qualifient leur santé mentale en 2024 comme étant moins bonne que celle évaluée à l’aide d’un sondage national en 2019⁵⁴. Considérant l’accès parfois restreint aux services en santé mentale, l’ajout de pratiques contemplatives dans le quotidien des jeunes peut constituer une manière de les outiller en leur offrant des moyens concrets de prendre soin de leur santé mentale⁵³. Enfin, sachant que l’utilisation de diverses pratiques de présence attentive contribue positivement au développement des jeunes, la plateforme de Présence Québec tente de rendre davantage accessible ce contenu pour les accompagner dans leur exploration et intégration de cette pratique dans leur mode de vie.

Cet article a été rédigé par l'équipe de Présence Québec.